C'est quoi un Gone ? Origine et fierté d'un surnom lyonnais
Les supporters de Lyon sont appelés les Gones parce que « gone » veut dire « enfant » ou « gamin » dans le parler lyonnais. Ce mot du patois local, attesté à l'écrit dès 1851, désignait d'abord les gamins des rues de Lyon avant de qualifier tous les Lyonnais. Les supporters de l'OL l'ont repris par fierté d'appartenance à leur ville.
« Gone », ça veut dire quoi exactement ?
Un gone, c'est un enfant, et plus précisément un garçon, un gamin. Dans le vocabulaire lyonnais, le mot a glissé du sens strict « enfant » vers un sens élargi : aujourd'hui, un Lyonnais se dit volontiers « gone », quel que soit son âge. Lyon elle-même est surnommée « la cité des gones ».
Le ton est affectueux, parfois taquin, un peu comme « gosse » ou « môme » ailleurs en France. On retrouve le mot dans le titre du roman autobiographique d'Azouz Begag, Le Gone du Chaâba (éditions du Seuil, 1986), qui raconte l'enfance de l'auteur dans un bidonville de Villeurbanne, aux portes de Lyon, et a fait connaître le terme bien au-delà du Rhône. Pour creuser le sujet, notre guide du parler lyonnais et de ses expressions détaille les autres mots du cru.
D'où vient le mot « gone » ? Une étymologie qui reste un mystère
Personne ne connaît l'origine sûre de « gone ». Les linguistes d'aujourd'hui la jugent obscure, au même titre que celle de « gosse ». Deux vieilles hypothèses circulent, l'une grecque, l'autre latine ou gauloise, mais aucune ne tient vraiment la route sur le plan historique, et les spécialistes n'en retiennent aucune.
La piste grecque s'appuie sur le passé de la ville. Lyon antique, Lugdunum, capitale des Gaules, comptait une présence grecque parmi ses habitants. Le lexicographe Nizier du Puitspelu — pseudonyme de Clair Tisseur (1827-1895), auteur du Littré de la Grand'Côte (1894) — rattachait « gone » au grec ancien gonos, « enfant, fils ». La piste latine, défendue par la linguiste Anne-Marie Vurpas, fait dériver le mot du latin gunna (« pelisse, robe d'enfant »), que Pierre Gastal remonte au gaulois gunna et à l'ancien français gonne, « robe ». Ces deux propositions restent des hypothèses anciennes, plus séduisantes que démontrées.
| Hypothèse | Origine proposée | Sens de départ | Auteur qui la défend |
|---|---|---|---|
| Grecque | Grec ancien gonos | Enfant, fils | Nizier du Puitspelu (Clair Tisseur) |
| Latine | Latin gunna | Pelisse, robe d'enfant | Anne-Marie Vurpas |
| Gauloise | Gaulois gunna / ancien français gonne | Robe, vêtement | Pierre Gastal |
Côté attestations écrites, « gone » apparaît en 1851, précédé en 1831 par la forme « gonne ». Le mot est absent des vieux textes en francoprovençal lyonnais, mais on trouve une forme voisine, « gonet », en francoprovençal dauphinois. Autrement dit : un mot sans doute ancien à l'oral, entré tardivement dans les dictionnaires. Pour comprendre pourquoi Lyon a hérité de racines grecques et romaines, voir notre article sur Lyon capitale des Gaules et l'histoire de Lugdunum.
Comment « gone » est devenu un étendard de Lyon et de l'OL ?
Fiers de ce mot bien à eux, les Lyonnais se le sont approprié comme marqueur identitaire, et le football a fait le reste. L'Olympique Lyonnais est couramment surnommé « les Gones », et on qualifie souvent de « gones » les jeunes formés au club. Dans les tribunes, le mot sert de cri de ralliement.
Le groupe de supporters historique, les Bad Gones, a ancré le terme dans la culture des kops lyonnais. Porter « gone » ou le « 69 » (le numéro du département du Rhône), c'est afficher son attachement à la ville autant qu'au club, un code que tout Lyonnais comprend au premier coup d'œil. Si l'ambiance du kop vous intéresse, lisez comment rejoindre les Bad Gones et les kops de l'OL.
Questions fréquentes sur le mot « gone »
Un gone, c'est forcément un enfant ?
À l'origine, oui : « gone » désigne un enfant, et surtout un garçon, dans le parler lyonnais. Mais l'usage s'est élargi avec le temps. Aujourd'hui, on appelle « gone » n'importe quel Lyonnais, adulte compris. C'est devenu un mot d'appartenance à la ville bien plus qu'une simple question d'âge.
Pourquoi Lyon est-elle surnommée « la cité des gones » ?
Parce que « gone » est le mot lyonnais pour « enfant », et par extension pour « Lyonnais ». Dire « la cité des gones », c'est dire « la ville de ses habitants », avec une nuance affectueuse et populaire. L'expression est aujourd'hui un symbole d'identité locale, reprise par les supporters comme par les commerces de la région.
Le mot « gone » vient-il vraiment du grec ?
C'est une vieille hypothèse, mais elle n'est pas prouvée. Lyon antique, Lugdunum, comptait une présence grecque, ce qui a nourri l'idée d'un lien avec le grec gonos (« enfant »). D'autres proposaient une origine latine ou gauloise, avec gunna (« robe »). Les linguistes d'aujourd'hui ne retiennent aucune de ces pistes et considèrent l'origine du mot comme incertaine.
« Gone » et « Le Gone du Chaâba », quel rapport ?
C'est le même mot. Le Gone du Chaâba est un roman d'Azouz Begag paru en 1986, dont le titre reprend le terme lyonnais pour « gamin ». Le livre a popularisé le mot dans toute la France en racontant l'enfance de l'auteur près de Lyon. Il illustre bien l'ancrage local et populaire du terme.
Existe-t-il un équivalent féminin de « gone » ?
Oui : le parler lyonnais dit « fenotte ». Le sens n'est pas tout à fait symétrique, puisque « fenotte » désigne surtout une femme, avec la même tendresse que « gone » pour un garçon. Le mot connaît un regain récent : il sert de surnom à l'équipe féminine de l'OL. Dans l'usage sportif, « les Gones » vaut aujourd'hui pour tous les supporters, filles comprises.
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Article mis à jour le 24 juillet 2026.