Le stade de Gerland : cent ans d’histoire et six décennies d’OL

Avant Décines, il y avait Gerland. Pendant plus de soixante ans, tous les matchs à domicile de l’Olympique Lyonnais se sont joués là, dans le 7e arrondissement, entre le Rhône et les anciens abattoirs. Le stade a fêté ses cent ans en 2026, et il n’a jamais cessé de servir.

Un stade signé Tony Garnier

Gerland n’est pas un équipement sportif ordinaire : c’est l’œuvre de Tony Garnier, l’architecte qui a marqué Lyon plus que tout autre au XXe siècle — on lui doit aussi les Halles qui portent son nom et l’hôpital Édouard-Herriot.

Le chantier débute avant la Première Guerre mondiale, s’interrompt, et le stade n’est opérationnel que dans les années 1920. L’inauguration a lieu en 1926. Ses portiques monumentaux en béton, inspirés de l’Antiquité, en font un objet architectural autant qu’un lieu de sport.

1950-2016 : la maison de l’OL

L’Olympique Lyonnais naît en 1950. Le club s’installe à Gerland dès sa création et y reste jusqu’en 2016 — soit l’intégralité de son histoire, ou presque, avant le déménagement.

C’est à Gerland que s’est joué tout ce qui fait le récit du club : les montées, les descentes, la Coupe de France 1964 et 1967, puis la série des sept titres consécutifs entre 2002 et 2008. Une génération entière de supporters n’a connu que ce stade.

Sa capacité a varié au fil des rénovations, jusqu’à 41 000 places avant d’être ramenée autour de 35 000. C’est précisément cette limite qui a motivé le départ : impossible d’agrandir un stade enclavé en ville, dont l’architecture est un patrimoine à préserver.

Ce qu’il est devenu

Contrairement à beaucoup d’anciens stades abandonnés après un déménagement, Gerland n’est pas resté vide un seul jour.

Dès 2016, le stade est transformé pour le rugby. Il devient en 2017 le domicile du LOU Rugby, club de Top 14, sous le nom de Matmut Stadium Gerland. Sa capacité actuelle est d’environ 35 000 places.

La reconversion a demandé des adaptations — dimensions de l’aire de jeu, tribunes rapprochées de la pelouse — mais l’enveloppe de Tony Garnier, elle, est restée.

Pourquoi le départ vers Décines

Trois raisons se cumulent, et aucune n’est sentimentale.

  • La capacité. 35 000 places plafonnaient les recettes de billetterie d’un club qui jouait la Ligue des champions chaque saison.
  • La propriété. Gerland appartenait à la Ville de Lyon. L’OL y était locataire, sans maîtrise de l’exploitation hors match.
  • L’impossibilité d’agrandir. Le stade est cerné par la ville, et son architecture interdit les transformations lourdes.

Le Groupama Stadium a répondu aux trois : 59 186 places, propriété du club, et un site entièrement conçu pour l’exploitation événementielle. Nous détaillons ce que le stade accueille aujourd’hui en dehors du football.

Y aller aujourd’hui

Gerland reste accessible, et il se visite d’une façon que le Groupama Stadium ne permet pas : de l’extérieur, gratuitement, en marchant autour. Les portiques de béton se voient depuis la rue, et le quartier a gardé la mémoire des soirs de match — les bars, les commerces, la géographie des abords.

Pour un supporter lyonnais, c’est un détour qui vaut le coup : c’est là que le club a construit ce qu’il est devenu ailleurs.

Pour aller plus loin


Kop Lyon est une boutique indépendante tenue par des supporters lyonnais, sans lien avec l’Olympique Lyonnais. Nos créations sont à retrouver ici.

Retour au blog